Acquis ou non acquis ?

Ma fille vient de terminer son CM2. Quel rapport avec la création d’entreprise me direz-vous ? Simplement le fait que l’éduction nationale me rend furieux parfois et que je me demande comment nos enfants arriveront à s’en sortir ! Et encore plus, comment développer chez eux la distinction entre la réussite et l’échec, la recherche de l’excellence, la faculté d’évaluer leurs forces et faiblesses.

Mon sujet du jour est donc le système de notation mis en place en primaire. Avant, nous avions des notes ou des lettres. Il était assez facile de comprendre si l’enfant avait globalement compris ou non. Il pouvait rater un exercice, la note restait correcte. A l’inverse, s’il revenait avec un 5/20, il était clair qu’il y avait un problème.

Cette année, dans la classe de ma fille (et apparement au primaire en général), nous avons vu débarquer une notation basée uniquement sur « Acquis » ou « Non Acquis ». C’est binaire. Pourtant, j’ai pu vérifier que ma fille avait eu des « non acquis » juste parce qu’elle avait raté un exercice ce jour-là, mais que pourtant elle maitrisait bien la notion. Et à l’inverse, elle a eu des « acquis » alors que certaines notions me semblaient assez floues dans son esprit. Bref, on n’y comprend plus rien.

Explication officielle : les notes traumatiseraient nos enfants ! Et oui, c’est sur… Je suggère donc qu’on supprime les notes au collège et au lycée, voire même au bac, puis aux concours des écoles. On ne va quand même traumatiser un enfant en lui faisant rater un examen.

Je suis consterné de ce genre de raisonnements, exactement de la même lignée que les « 80% d’une classe d’âge au bac  » de Chevènement, qui nous a conduits désormais à ce qu’il faille être Bac +5 pour être caissière à Carrefour. Est-ce en cachant aux enfants (et aux parents) leurs difficultés dans des notions fumeuses de « Acquis » / « Non acquis » que l’on va permettre aux enfants de progresser ? Au contraire, on retarde la véritable prise de conscience des difficultés de l’enfant en ne faisant pas passer le clignotant à l’orange assez tôt.

L’éducation nationale aime la médiocrité. Soyons tous mauvais, comme ça les vrais mauvais ne se sentiront pas isolés. Et surtout, ils ne pourront pas être aidés comme ils devraient  l’être. C’est vraiment dommage.

1 réponse
  1. danguillaume says:

    Bonjour
    n’oubliez pas que l’éducation nationale est faite d’innombrables individualités, même si l’on peut être contraint par certaines injonctions.
    Beaucoup font en leur âme et conscience, à la limite parfois de ce que l’on a le droit de faire ,afin tout de même de faire progresser.
    Olivier danguillaume
    Initiateur du cycle de conférences « Esprit d’Entreprendre » au lycée Roosevelt à Reims.

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