Le temps c’est de l’argent

Une fois que l’on sait que le pire cauchemar de l’entrepreneur est le manque de cash, il est facile de comprendre que le temps, c’est de l’argent. Quand vous allez dans le mur à 50 km/h, c’est deux fois moins vite que si vous y allez à 100 km/h. Entre temps, vous pouvez espérer changer la trajectoire. Et dans tous les cas, le choc sera moins brutal ! Si  l’entreprise est en difficulté, chaque euro dépensé en moins donne du temps. Et avec du temps, on trouve des solutions : le chiffre d’affaires peut remonter, de nouveaux produits être lancés, etc…

Dans les redressements d’entreprise que j’ai menés, gagner du temps a toujours été la première étape. Gagner du temps se traduit par le fait de baisser les charges. Pour l’entrepreneur qui a créé son entreprise, baisser les charges est une déchirure. Car souvent, cela veut dire réduire les effectifs, se séparer de ces salariés que l’on a passé du temps à recruter et former, et avec qui on a passé de bons moments. J’avais ces états d’âme jusqu’au jour où j’ai vu un ami planter sa boite en plein vol avec 30 salariés et partir directement en liquidation judiciaire. S’il s’était résigné à « réduire la voilure », il aurait certainement gagné du temps, passé la tempête, et sauvé l’entreprise. « Grâce » à cet exemple, j’ai trouvé le courage de ramener Cityvox de 35 à 15 personnes en 2002, ce qui a sauvé l’entreprise, qui a ensuite pu réembaucher jusqu’à 50 personnes.

Dernière réflexion sur ce thème : il faut variabiliser les charges ! Souvent, quand tout va bien, l’entrepreneur embauche, en oubliant que le lendemain sera peut-être plus sombre. Et restructurer une entreprise qui va mal prend au moins 6 mois, coûte cher en indemnités diverses, et plonge l’entreprise dans une crise de déprime pour 6 à 12 mois ! Sans parler des procédures de licenciements économiques qui sont d’un formalisme et d’une lourdeur telles que si elles sont lancées trop tard, couleront elles même l’entreprise qu’elles sont supposée sauver. La seule solution pour limiter les dégâts est de variabiliser les charges : préférer prendre des fournisseurs externes pour tout ce qui n’est pas stratégique (d’ailleurs, vous les paierez plus tard que des salariés, cash is king !), penser aux CDD, aux contrats d’apprentissages ou de professionnalisation. Il ne faut pas en abuser, mais c’est important. Pour conclure, en cas de coup dur, il faut toujours savoir où sont les soupapes de sécurité qui pourront sauter en premier, faisant ainsi gagner du temps à l’entreprise.

0 réponses

Répondre

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>