Pôle Emploi ? Love money ? Crowd-funding ? Les premiers financements pour démarrer.

Ca y est ? Vous avez avancé votre projet aussi loin que vous le pouviez en réfléchissant le soir après votre boulot et le week-end. Il faut maintenant que vous vous lanciez ! Vous devez quitter votre poste et vous consacrer à plein temps à votre projet. Mais pendant une période, vous allez certainement devoir investir et n’aurez pas de chiffre d’affaires pour vous rémunérer.

Quand vous aurez avancé, vous pourrez vous tourner vers les clubs de business angels. Mais si vous allez les voir trop tôt, il est probable que vous perdiez votre temps. En général, ils ont besoin que vous ayez dépassé le stade de l’idée et que vous ayez un minimum fait la preuve produit.

Vous avez donc besoin de financer les débuts de votre activité, probablement pendant 6 à 12 mois. Quelles sont donc les solutions pour démarrer ?

  • Pôle Emploi, premier financeur des start-ups !

On l’oublie souvent, mais au cours des dix dernières années les règles d’indemnisation du chômage ont heureusement considérablement évolué. Il y a 10 ans, si l’ANPE apprenait que vous travailliez sur un projet de création d’entreprise, elle considérait que vous ne cherchiez donc pas du travail et vous étiez radiés ! Cette situation était scandaleuse, quand on sait ce que font les entrepreneurs pour l’emploi en France. Ce sont les petites entreprises qui créent les emplois et les grandes qui en suppriment. Que Pôle Emploi aide les chômeurs à créer leur entreprise n’est donc qu’une question de bon sens !

Aujourd’hui, les choses ont doublement changé : d’une part, pour Pôle Emploi, la création d’entreprise est une piste sérieuse et valorisée de retour à l’emploi. D’autre part, la rupture conventionnelle permet de se séparer à l’amiable avec son entreprise et de bénéficier des allocations chômage. A part si vous êtes en mauvais terme avec votre entreprise, votre patron ne devrait pas faire trop de difficultés pour accepter une rupture conventionnelle. C’est le petit coup de pouce qu’il peut apporter à votre projet, et si votre entreprise se développe bien, il en tirera certainement aussi une certaine fierté. Une petite dizaine d’anciens de Cityvox sont partis pour monter leur boite, et j’avoue que même si sur le coup cela ne m’a pas toujours arrangé, je les ai toujours aidé à se lancer comme je pouvais et je suis assez fier de leur réussite.

Pour conclure sur Pôle Emploi, vous devez donc vous renseigner sur vos droits exacts. Mais globalement, si vous avez travaillé les deux dernières années, vous avez droit à environ 70% de votre salaire net pendant deux ans. Si vous créez une entreprise et avez besoin de capital, Pôle Emploi peut vous verser en une fois à la création de l’entreprise 50% de ce à quoi vous avez droit. C’est le dispositif de l’ARCE. Sinon, vous continuerez à être indemnisé jusqu’au terme de vos droits, mais devrez chaque mois déclarer ce que vous gagnez et cela sera enlevé de ce que vous verse Pôle Emploi. C’est le dispositif de l’ARE. Vous trouverez plus d’informations sur le site de Pôle Emploi et sur la brochure.

  • Le crowd-funding

Le sujet est suffisamment à la mode pour ne pas l’oublier. A la mode car l’initiative est sympathique, et les média s’en sont emparés. Le principe est simple : les porteurs de projets présentent leur projet en indiquant la somme qu’ils souhaitent rassembler, et les internautes qui le souhaitent peuvent donner pour participer au financement.

Depuis le succès rencontré par Mymajorcompagnie avec la révélation de Grégoire ou Joyce Jonathan, le crowd-founding s’est élargi. Les plate-formes de crowd-funding se sont multipliées : KissKiss BankBank, « maison de créativité », Mutuzz  ou encore Ulule, pour « donner vie aux bonnes idées ».

Mais à bien regarder, il s’agit plus de financer des projets individuels, souvent avec une forte connotation de développement durable ou sociale. Et les montants réunis restent assez limités, en moyenne autour de 1000 €, avec parfois des pics qui peuvent aller jusqu’à 10 000€. Mais cela reste très insuffisant pour lancer une entreprise.

En revanche, c’est un bon outil de buzz marketing et cela donne une idée de la sympathie que peut générer votre projet. Ou pas…. En effet, certains types de projets ne rencontrent pas le succès escompté en crowd-founding. Par exemple, Jaimelinfo, créé pour soutenir la presse en ligne. L’idée est sympathique, mais sur 122 sites proposés à ce jour, pratiquement aucun n’a recueilli plus de 4 ou 5 souscriptions ! Signe que même les lecteurs de ces sites ne sont pas prêts à payer pour les aider !

En ce qui concerne les entreprises, le projet le plus abouti que j’ai rencontré pour financer des start-up est celui de Wiseed. En réalité, Wiseed fonctionne exactement comme le ferait un club de business angels. Il reçoit des dossiers, les étudie, et fédère des particuliers qui souhaitent investir. Et il le fait en co-investissement avec d’autres fonds d’investissements. Wiseed n’est donc pas une véritable plate-forme de crowd-funding, mais doit déjà être plus classée dans la catégorie des clubs de Business Angels.

Pour conclure, le crowd-funding est donc sympathique, mais si vous devez financer le lancement d’une entreprise, ça n’est pas la solution.

  • Love money

Ce que l’on appelle love money, c’est l’investissement de ceux qui vous aiment dans votre projet. Vos parents, votre famille, vos amis, vos collègues, etc…  Dans leur cas, l’objectif n’est pas le retour sur investissement, mais plutôt l’idée de vous donner un coup de main. Et s’ils peuvent à l’occasion faire une bonne affaire, ça sera la cerise sur le gâteau.

Il y a donc un gros avantage à cette formule, qui est que vous vous épargnez (pour l’instant) les débats sur la valorisation de la société. Vous pourrez rassembler votre premier capital en cédant à vos actionnaires une part raisonnable du capital, car cela n’est pas leur sujet. Vous vous épargnez également probablement le temps passé sur un business plan détaillé que vous demanderont des investisseurs plus aguerris.

Il y a un autre avantage, c’est qu’il vous permet de tester aussi votre projet auprès de votre entourage. Si les gens qui vous sont proches, qui vous connaissent, ne sont pas enthousiastes à l’idée de mettre de l’argent dans votre société, vous devez essayer de comprendre pourquoi. Il permet aussi d’impliquer votre entourage dans votre projet, car de toute façon, il va l’être vu la charge de travail que vous vous préparez !

Deux dispositifs fiscaux peuvent aussi les intéresser :

– La réduction d’impôt sur le revenu pour investissement dans les PME. Sous réserve de respecter quelques conditions assez simples, les contribuables qui investissent au capital d’une société non cotée bénéficient d’une réduction d’impôts sur une partie des versements effectués pendant l’année (avec un plafond).

– Si vous avez la chance d’avoir dans votre entourage des personnes assujetties à l’ISF, il existe aussi la réduction d’ISF pour souscription au capital des PME. Les contribuables peuvent déduire également une partie de leur investissement en capital de leur ISF. Les deux dispositifs ne sont pas cumulables. Attention tout de même, pour les investissements réalisés depuis le 1er janvier 2011, la société doit employer au moins deux salariés à la clôture du premier exercice suivant la souscription (ou un seul salarié s’il s’agit d’une activité artisanale).

En conclusion, j’aime le « love money » ! C’est certainement l’un des moyens les plus intéressants d’obtenir ses premiers financements. Il faut quand même que vous vous interrogiez sur la façon dont vos love-actionnaires pourront récupérer leur investissement. Mais cela dépend beaucoup du type d’entreprise et de votre objectif. Si vous souhaitez conserver longtemps votre entreprise, vous devrez prévoir de racheter vous-même les actions ce ceux qui vous ont soutenus, et dans ce cas, autant vous mettre d’accord dès le début sur les règles (dates, prix…).

  • Votre banquier ?

Si vous souhaitez créer une start-up à partir d’un simple business plan, oubliez les banquiers. Vous n’aurez que des rêves à leur proposer, et les banquiers ne sont pas des rêveurs. Tant que vous n’aurez pas de chiffre d’affaires et de rentabilité, ne demandez pas à votre banquier de vous aider si vous ne voulez pas vous fâcher avec lui.

En revanche, si vous reprenez une activité existante ou souhaitez lancer une activité relativement connue (par exemple ouvrir un restaurant), votre banquier peut être un partenaire à ne pas négliger en complément de l’investissement que vous apporterez. Mais je ne développerai pas plus ce point car je connais moins ce type de situations.

Avec vos indemnités Pôle Emploi et le capital que vous aurez constitué avec l’aide de vos proches, vous voilà prêts à vous lancer !

0 réponses

Répondre

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>