Pourquoi recommencer à écrire aujourd’hui ?

Silence radio. 5 ans sans écrire une ligne, 5 ans sans poster un seul billet sur ce site. Après le temps de l’absence, place à la renaissance. Les temps changent et les opinions évoluent, ce billet est là pour vous exprimer les miennes: pourquoi j’ai arrêté d’écrire et ce qui me pousse aujourd’hui à reprendre la plume.

Ils ont tué l’entrepreunariat… et ma plume !

Suite aux élections législatives de 2012, dans la foulée de l’élection de François Hollande, j’ai exprimé des doutes sur la santé de l’entrepreneuriat français. Dans mon dernier billet en date “Peut-on encore entreprendre en France?”, je fais part de ces interrogations et du contexte économique et social Français de l’époque, inopportun pour les jeunes entrepreneurs. Ce contexte morose pousse nombreux de mes amis entrepreneurs à s’exiler aux Etats-Unis pour monter leur business. Dois-je les suivre ? Peut-être ont-ils raison et la France va être au point mort pour l’innovation et entrepreneuriat pendant de longues années ?

Le mouvement des pigeons impulsé par la loi finance de 2013 (complétement anti-startup et véritable massacre fiscal pour les investisseurs), vient conforter mes doutes. A l’époque, j’ai écrit à mon député (Jean-David Ciot), au rapporteur du budget (Christian Eckert), au Ministre du Budget (Jérôme Cahuzac), au Ministre de l’Economie (Pierre Moscovici), à notre Ministre des startups en qui j’avais pourtant confiance (Fleur Pellerin) : en long en large, avec des chiffres détaillés, je leur ai démontré comment j’avais réinvesti dans des startups une très grande part de ce que j’avais gagné avec Cityvox. J’ai essayé de démontrer qu’en confisquant les plus-values potentielles, ils tuaient tout l’écosystème du financement des startups par les business angels, le premier étage du financement des startups. Les gouvernants de l’époque disent aimer les entrepreneurs : mais pour eux, comme pour l’opinion publique, un bon entrepreneur, c’est un entrepreneur mort. Un entrepreneur qui réussit, c’est un « salaud de patron ».

Finalement, le gouvernement est revenu en arrière l’année suivante, mais le mal était fait. En quelques mois, le doute avait pris le dessus et fait naître chez moi un fort sentiment de perplexité sur l’avenir de entrepreneuriat français. Ils ont pour ainsi dire, coupé mon inspiration et j’ai décidé d’arrêter d’écrire. Enfin, je n’ai pas décidé d’arrêter, mais je n’y arrivait tout simplement plus.

Pensée positive et reprise d’activité

Comme toute période de doutes, elle pousse à la réflexion. Après coup, j’ai réalisé que malgré le contexte économique, ce que j’aimais faire c’est venir en aide aux entrepreneurs dans leur développement. Je ne voulais pas me résigner à ce que la France devienne un cimetière touristique. Non, ma philosophie s’avère beaucoup plus positive ! C’était un mauvais moment à passer et l’aspiration à l’entrepreneuriat reprendrait le dessus. Dans toute situation, il possible de s’en sortir et créer de nouvelles choses pour soutenir l’entrepreneuriat. Partant de ce principe, avec Patrick Siri nous avons créé en septembre 2014 P.Factory : un accélérateur pour faire grandir les startups et soutenir leur développement régional. Notre Région, Provence-Alpes-Côte d’Azur, est formidable et offre de nombreuses opportunités pour les entrepreneurs. C’était l’occasion de faire quelque chose de nouveau et de positif pour les jeunes entreprises.

Finalement, cette approche positive, je n’étais pas le seul à la partager. Fin 2014, le gouvernement français, conscient qu’il était allé trop loin avec le projet de la loi finance de 2013, a modifié la fiscalité et est revenu à une situation acceptable, et a lancé la French Tech. Cette nouvelle initiative a redonné un peu d’espoir et une dynamique positive pour les entrepreneurs. Encadrés par le gouvernement et disposant ainsi d’un appui solide, les startupers ont retrouvé un esprit collectif et conquérant pour porter leur projet respectif. De nouvelles perspectives se dessinaient, une nouvelle génération d’entrepreneurs est apparue, et dans cette euphorie, le projet #reviensleon a vu le jour en 2015.  Véritable amplification du phénomène French Tech, c’est comme si en quelques mois le contexte économique français était de nouveau au beau fixe. Bien sûr, cela était une exagération. Mais qu’importe, c’était bénéfique pour le moral des entrepreneurs, et également pour le mien !

Depuis le lancement de P.Factory, je partage au quotidien des dizaines d’aventures entrepreneuriales, qui m’inspirent et me redonnent vraiment envie de partager des réflexions plus largement, pour que cela puisse être utile. Cela fait aussi 10 ans que j’ai commencé à investir dans des startups, une vingtaine en tout, et il y a là aussi pas mal d’enseignements à en tirer et à partager. Et puis, bien entendu, il y a la formidable aventure du développement de P.Factory, qui ne fait que démarrer.

Voilà pourquoi j’avais arrêté d’écrire sur ce blog en 2012. Les temps ont changé et me voilà de nouveau dans un esprit conquérante, prêt à partager de nouveau mes convictions et mon expérience.

 

1 réponse
  1. Chris Masse says:

    Bravo pour P.Factory qui est devenu essentiel dans le paysage des startups de la French Riviera. Immense merci à Bertrand et à son associé. Et aussi Marie-Christine.

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