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Quel avenir pour Aix-Marseille French Tech ?

Le titre un peu « provocateur » de l’article publié par La Tribune PACA ce soir « Aix-Marseille French Tech fait-elle l’objet d’une OPA ? » ne doit pas faire oublier le sujet de fond, assez bien décrit dans l’article.

Comme je soutiens pleinement la démarche initiée par Pascal Lorne et les entrepreneurs qui ont rejoint le collectif Aix-Marseille 2.0, il me semble important d’expliquer ma position afin qu’il n’y ait aucun malentendu, notamment vis-à-vis de l’équipe qui gère actuellement Aix-Marseille FrenchTech (AMFT), et qui a tout mon respect et mon amitié.

En 3 ans, l’écosystème de l’innovation Aix-Marseille s’est mis en mouvement

En effet, depuis 3 ans, la French tech Aix-Marseille et l’équipe qui l’anime ont fait un super boulot, en mettant en mouvement l’écosystème local et en canalisant les énergies. C’était une première étape, extrêmement importante et préalable à tout développement futur.

Toutefois, deux éléments importants m’amènent à soutenir sans réserve la démarche de Pascal :

  • d’une part le départ annoncé début 2018 de André Jeannerot et de Stéphane Soto, les artisans du succès de AMFT. Après trois ans d’investissement intense dont je mesure les efforts (j’avais créé à la demande de la Région PACA en 2002 « Medmultimed », ancêtre de PRIMI, et j’étais ressorti épuisé de mes deux années de présidence, occupé deux jours par semaine à cette « œuvre collective » qui ne rassemblait à l’époque que 60 entreprises), André et Stéphane ont souhaité passer la main et je ne peux que les comprendre. Toutefois, ils étaient les garants d’une démarche collective et du respect d’un équilibre entre les acteurs locaux de l’accompagnement qui s’annonce aujourd’hui menacé.
  • d’autre part, les nombreux contacts que nous développons pour les besoins des startups accompagnées par P.Factory avec des investisseurs nationaux, montrent que l’écosystème provençal de l’innovation reste encore beaucoup trop centré sur lui même, très déconnecté du national, sans parler de l’international. Ceci est parfaitement illustré par le récent article « Une France du numérique coupée en trois » publié par Challenge le 5 octobre dernier, dans laquelle Christelle Fumey, responsable de l’Institut CSA explique tranquillement qu' »il n’y a pas de startups à Marseille, comme à Nantes, Bordeaux, Lyon ou Paris ». Évidemment, et notamment les tous ceux qui ont lu cet article se sont étranglés, à commencer par les 1500 entrepreneurs réunis par AMFT à la soirée du Grand Opening. Et pourtant, j’ai appris que quand des gens censés écrivaient ce genre d’âneries, on pouvait certes hurler au scandale et à la bêtise, mais la première chose à faire était de se remettre en question. Comment quelqu’un de censé peut-il avoir une perception aussi erronée de la réalité ?

Mais la French Tech Aix-Marseille doit changer de dimension, et c’est le projet porté par ce collectif d’entrepreneurs

Quand Pascal m’a contacté pour me parler de sa démarche, trois choses ont retenu mon attention et emporté mon soutien :

  • Tout d’abord sa démarche collective. Pascal a cherché à s’entourer d’un collectif d’entrepreneurs, qu’il s’agisse d’entrepreneurs locaux, nationaux, ou internationaux. Je vous laisse découvrir quelques noms dans l’article de Destimed. Vous pouvez vous aussi rejoindre le collectif et voir les différents témoignages. Cette démarche collective, qui repose sur la contribution de chacun et sur la présence d’ambassadeurs diffère très fortement de ce qui nous est annoncé après le départ des animateurs actuels de AMFT.
  • Ensuite, la dimension nationale et internationale est clairement le point fort du projet du collectif. Le parcours aux Etats-Unis de Pascal Lorne, les liens d’amitié qu’il a créé avec des acteurs nationaux, notamment Olivier Mathiot, Président de France Digitale ou Cyril Zimmerman, Président d’ACSEL, ainsi qu’avec des entrepreneurs internationaux, sont un gage de réussite du mouvement de désenclavement d’Aix-Marseille French Tech. Très égoïstement, à P.Factory, nous aurions pu vouloir garder pour nos startups ces liens privilégiés : Olivier et Cyril sont d’ailleurs actionnaires de P.Factory. Ben Marrel, un autre membre du collectif, cofondateur de Breega Capital, Jean-Marc Patouillaud, cofondateur de Partech Ventures, sont venus à plusieurs reprises rencontrer certaines des startups que nous accompagnons. En 2017, nous avons rencontrés 25 fonds d’investissements parisiens et plusieurs ont investi dans les startups de P.Factory. Faire de P.Factory la principale porte de sortie de la Provence pour les startups locales étaient une perspective intéressante. Mais pourtant, nous sommes convaincus que faire monter d’un cran toute la French Tech Aix-Marseille contribuera au succès de tous, y compris de P.Factory et de ses startups.
  • Enfin, la dimension éducative est un axe important. Le projet de créer une école de type « Ecole 42″ ici, est essentiel pour les startups que nous accompagnons. Quand on voit qu’Epitech, qui est une excellente formation, ne forme à Marseille que les étudiants de la 1ère à la 3ème année, puis qu’ils doivent partir à Paris pour les 4èmes et 5èmes années, c’est un véritable scandale ! Cela me fait penser à ces clubs de foot qui forment des jeunes et se les font piquer quand ils deviennent bons. Et bien non, nos startups ne doivent pas être le centre de formation des développeurs pour les startups parisiennes !

Et maintenant ?

Et bien maintenant, les choses sont claires. Si l’on veut que la French Tech Aix-Marseille passe à vitesse supérieure, si l’on ne veut plus jamais avoir honte en lisant des articles comme celui de Challenge, si l’on veut vraiment que notre Région soit reconnue comme l’une des régions les plus dynamiques de France, qui fait éclore de véritables champions, alors il faut laisser sa chance au projet porté par Pascal Lorne et le collectif d’entrepreneurs qui l’entoure. Et d’ailleurs, ce collectif, c’est moi, c’est vous, c’est nous ! Alors vous pouvez nous rejoindre !

Et quoi qu’il arrive, et quelle que soit l’équipe qui portera Aix-Marseille French Tech dans les prochains mois, ce projet doit être collectif et doit avoir pour objectif de lancer Aix-Marseille French tech à la conquête du monde !

A P.Factory, nous continuerons à faire grandir les startups de la Région PACA en leur apportant du Chiffre d’Affaires, des financements et des avantages, grâce à notre réseau. Mais si toute la French Tech est tirée vers le haut, cela n’en sera que plus facile.

PS : et si en attendant vous souhaitez en savoir plus sur P.Factory, c’est ici !

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